The Transcyborg Project
Contexte
La genèse de ce projet a émergé il y a des années.
J’écrivais en 2021 un poème s’ouvrant sur les mots “i want to become a sex cyborg”. L’expression de cette volonté répondait à un désir de supprimer toute identification de genre et de catégorisation sexuelle, souhaitant m’extraire au maximum des carcans identitaires normatifs. Cela faisait déjà une année que j’avais débuté ma transition hormonale, que je m’administrais des doses d’œstrogènes tous les 10 jours et que j’ingérais de la progestérone en comprimés au quotidien. Je rêvais alors de nullification sexuelle, de me diriger vers des procédures qui permettent d’avoir un corps adapté à mon identité de genre neutre, ou de mettre au point des dispositifs sexuels interchangeables. C’est de là d’ou vient ce fantasme de la machine, du processus programmable, de la prothèse extérieure détachable, mobile, modifiable, qui aurait le pouvoir de rendre inconséquente la “réalité biologique”, et de transformer l’identité en potentialité.
Cette idée a mené à un premier projet artistique réalisé avec Eythan Saillet, intitulé Sex Cyborg / Edonyxin. Ce projet est une fiction conceptuelle développée à travers différents médiums comme l’installation, la vidéo, la performance et la littérature. La narration se situe dans un monde post-effondrement, d’ici une centaine d’année, au sein duquel émergent des entreprises dystopiques domme Edonyxin, dont l’objectif est la conception de prothèses sexuelles interchangeables. Chaque modèle de prothèse, les “Sex Engines”, a son histoire, ses inspirations, ses effets, et le but général est de décoreller le sexe de l’identité, et de proposer de nouvelles pratiques sexuelles. Cependant ce sont des produits de luxe et l’on comprend que, sous couvert de progressisme, Edonyxin reproduit des schémas capitalistes et dominateurs de contrôle des corps et des subjectivités.
Il faut savoir qu’en France, les hormones féminisantes injectables ne sont pas disponibles en pharmacie. Cela est dû au fait qu’elles ne sont pas produites par les laboratoires pharmaceutiques ni importés de pays voisins. Pour moi, il s’agit directement d’une politique transmisogyne qui a pour conséquence de précariser encore plus les femmes trans dans leur accès à ces soins (où se les procurer en dehors de réseaux souterrains ? les produits sont-ils safe ?), et leur administration (interdiction légale d’injecter un produit non prescrit à quelqu’un..e d’autre, mais il faut savoir s’auto-injecter correctement, avoir accès à du matériel stérile etc).
Concept
L’idée derrière Selenogynæ se déploie en différentes étapes. La première est la mise au point d’un dispositif prosthétique pour ressentir par des vibrations l’évolution du cycle de la Lune à l’intérieur de mon corps. La seconde est la conception d’un implant hormonal permettant la programmation de la diffusion d’œstrogènes dans mon corps. La troisème est la connexion entre les deux modules, permettant une diffusion hormonale en fonction des phases de la Lune. Le but de ce projet est de recréer un cycle menstruel artificiel en lien avec l’astre lunaire, répondant ironiquement aux arguments essentialistes et biologisants des TERFs et autres féministes qui clament la puissance d’un prétendu “divin féminin” et d’une nature féminine profonde intrinsèquement liée au corps de la femme (et à celui de la mère).
On a besoin de la fiction pour commencer à moduler le réel. Toute évolution part d’une vision, d’un récit, d’une bribe d’imagination qui permet de déceler les contours des potentialités futures. Cette recherche entre art et sciences permet de se projeter dans un futur où modifier ainsi son corps est possible, et donc d’orienter la réalité vers ces possibilités, d’en explorer les conséquences et les implications, d’en réfléchir l’éthique et la morale, d’en faire un outil de lutte politique et sociale... L’art nous permet d’envisager des futurs possibles qu’on en a (ou non) envie d’incarner. Un futur où le corps regagne une forme d’autonomie, où l’identité est fluide et plastique, où l’on peut sortir des catégorisations de genre, où l’on ne subit plus d’oppressions de la part des insitutions politiques, où la technologie nous permet une reconnexion à la nature et aux autres formes de vie, où les êtres se libèrent des normes et des carcans sociaux pour embrasser plus de liberté et d’agentivité.
C’est pourquoi, dans une dynamique de retrouver une certaine autonomie corporelle et répondre à une démarche d’auto(in)détermination, je décide de concevoir et d’expérimenter sur mon propre organisme un dispositif qui pourrait mener à un nouveau mode d’administration hormonale pour les femmes transgenres. Dépasser les limites normatives et médicales qui nous mènent à des situations problématiques et notamment à un contrôle étatique de nos corps et de notre puissance d’agir. Il s’agira aussi d’une manière de se rapprocher de certains éléments naturels à travers des dispositifs technologiques, en suivant les motivations des artistes cyborgs et des genderhackers. Les cyborgs développent une pensée et une pratique qui s’éloigne du transhumisme suprémaciste technocratique pour s’orienter plutôt vers une modification de la perception sensible, la recherche d’une forme d’altérité et la création artistique performative.
1° - Agentivité corporelle et auto(in)détermination
Étant une personne transgenre non-binaire, je ne me sens pas incarné..e dans mon corps “masculin” et même dans mon corps genré tout court. Je n’ai pas choisi ce corps qui ne me correspond pas. Modifier mon corps est donc une tentative de regain de mon agentivité corporelle, au sein d’un processus de transformation constant. À travers la transition hormonale, le tatouage ou plus récemment cette métamorphose cyborgique, je cherche à me réappropier mon corps par mes choix propres et par une démarche interventionniste. C’est une question de contrôle. Je développe par là un projet d’auto(in)détermination somatique, où je tente d’échapper aux assignations normatives (genrées et spécifiques) dans une perspective posthumaniste. L’idée est de créer mes propres normes et d’ouvrir une voie vers le décloisonnement du mythe de l’autonomie corporelle.
2° - Antihumanisme et sortie des catégories spécifiques
Manel de Aguas est transespèce : son dispositif biotechnologique le rapproche plus de la subjectivité d’un animal aquatique que d’un humain, finalement. Il ne se considère donc pas comme “cyborg” mais comme quelque chose de différent, faisant émerger une identification qui lui est propre, que l’intégration de son dispositif lui permet d’atteindre. Il reprend là les théories énoncées par la pensée xénogenre : refuser d’être humain..e dans un monde où l’humain..e a un rapport à la nature aussi problématique. Nos actes s’ancrent dans des logiques de domination, d’exploitation et de destruction (que ce soit envers l’environnement, d’autres formes vivantes ou même au sein de notre propre espèce). La réponse xénogenre est donc de s’extraire métaphoriquement des assignations humaines pour embrasser une relation plus apaisée avec la nature, ainsi que de faire un effort d’attention et de developpement affectif avec les êtres qui nous entourent. Là, la transformation en cyborg me permettrait de déplacer ma perceptibilité vers un regard post-anthropocentré, de me connecter dans mon ressenti à un élément naturel : la Lune, et donc de tenter d’acquérir une conscience accrue des cycles naturels, tout en m’éloignant d’une certaine forme d’humanité.
3° - Gender hacking et automédication
L’état ne m’apporte pas les moyens d’exprimer mon identité comme j’en ai besoin, ni d’encadrer correctement ma transition. Je décide donc de mettre au point moi-même, sur les principes du biohacking, un dispositif personnel que je peux expérimenter et imaginer en dehors des cadres pharmaceutiques et médicaux insitutionnels. Il s’agit là de réclamer son autonomie et de se distancer également de la soumission à des normes politiques de contrôle des subjectivités. Là, je suis la démarche de Paul Preciado développée dans Testo-junkie, sexe, drogue et biopolitique à l’ère pharmacopornographique : s’administrer des doses quotidiennes de testostérone dans la perspective expérimentale de voir ce que cela fait. Rappelant que les injections d’œstrogènes ne sont pas distribuées en France, je vais donc imaginer et tester un nouveau mode d’administration hormonal : celui de l’implant. Nous verrons comment le réaliser biotechniquement avec un accompagnement médical et des essais cliniques, mais ici, il s’agit aussi de sortir des cadres qui régulent la subjectivation de nos identités et notre potentiel corporel, à savoir les industries pharmaceutiques, les protocoles psychologiques voire psychiatriques conditionnant les transitions de genre, le contexte politique d’un encadrement qui prend en compte ou non les besoins et les problématiques des personnes trans.
4° - Démarche artistique et performative
Déjà, le principe est d’incarner la recherche plastique et théorique à travers mon propre corps. C’est une manière si extrême et inconventionnelle d’aborder les questions qui m’animent que cela interrogera forcément un public sur ce qui me pousse à établir un tel processus, sur la portée politique de telles opérations, sur le principe de l’auto(in)-détermination et de l’autoexpérimentation. Réclamer une autonomie corporelle, sortir du genre humain, développer une autre forme de perception, imaginer une nouvelle méthode d’absorption des hormones, s’éloigner des cadres normatifs institutionnels : tout cela sera sans doute plus accessible et visible parce que la question du corps parle à tout le monde. Incarner ce projet ainsi et non à travers un récit ou une autre forme de représentation permet d’être dans la chair, dans le vrai, dans le concret. Artistiquement, certain..es artistes des champs du bioart et de l’art cyborg ont déjà eu recours à l’autoexpérimentation, comme Marion Laval-Jeantet (Art Orienté Objet) et son injection de sang de cheval, Eduardo Kac et ses hybridations humaines/végétales, Agnes Questionmark et ses incarnations trans de la figure de la sirène ou encore Orlan et ses performances chirurgicales. Ce concept peut ainsi être à l’origine de nombreuses déclinaisons artistiques.
prototype 1 - Barcelone, mars 2025
fiole d’œstrogène enanthate + nandrolone (EENDR)
Phase 1 : L’implant lunaire
1 - protoype portable
La première étape de ce projet consiste à concevoir un prototype de l’implant. Ce dernier consiste en l’agencement d’une puce Arduino Nano, d’un moteur à vibration et de la batterie sur un collier que je peux porter autour du cou. Sur la puce est installé un algorithme qui lance une vibration toutes les 35h et 12 minutes environ à partir de la Nouvelle Lune. Le cycle lunaire a été divisé en 20 parties égales (10 en cycle croissant, de la Nouvelle Lune à la Pleine Lune et 10 en cycle décroissant), chaque vibration dure 2 secondes de plus que la précédente jusqu’à la Pleine Lune et inversement jusqu’à la Nouvelle Lune. Je peux ainsi ressentir le cycle de la Lune par des vibrations en fonction de leur durée, directement dans ma nuque, et m’habituer à cette sensation.
2 - l’implant trans/subdermal
Dans l’idée selon laquelle la sensation du prototype me convient, il s’agit maintenant d’optimiser le prototype (miniaturisation, horloge en temps réel, etc) afin de le rendre plus performant, plus durable, plus portable. Enfin, dans un troisième temps, il faudra trouver un moyen de fixer ou d’implanter le processus directement sur la peau (dans le bras probablement), soit à travers un dispositif transdermal (deux piercings de surface qui maintiennent un petit boitier support), soit un aimant implanté sous la peau pour fixer à l’extérieur du corps le système (probablement la meilleure option), pour se diriger ensuite vers un dispositif entièrement implanté (donc miniaturisé, autonome et placé dans un support fait d’un matériau bio-compatible)
Phase 2 : Le cycle hormonal artificiel
La seconde phase de ce projet consiste en la conception d’un implant hormonal connecté à l’implant lunaire. Ce deuxième implant, situé dans le deuxième bras, aurait pour objectif de diffuser les œstrogènes en fonction des phases de la Lune. Comme expliqué plus haut, le but de ce projet est de mettre au point un nouveau mode d’administration hormonal à destination des femmes transgenres, mis en scène à travers ce projet artistique d’auto-experimentation et de transition cyborg. Dans cette configuration, on aurait besoin qu’en plus d’envoyer un signal qui déclenche les vibrations dans le moteur du premier implant, ce même signal déclenche également la diffusion des hormones dans mon corps à travers l’autre implant (qui aurait donc un dispositif pour recevoir ce signal et activer la diffusion). Cela pose beaucoup de questions sur la faisabilité d’une telle initiative : est-ce possible d’avoir un mécanisme qui déclenche cette diffusion ? De connecter les deux implants ? Comment gérer la question de l’alimentation du dispositif ? Est-ce même sans risque hormonal pour l’organisme que les œstrogènes ne soient pas diffusés en continu ?
À ce titre, l’idée est d’abord de rencontrer des biologistes, endocrinologues et autres docteurs spécialisés en hormonologie ainsi que des ingénieur..es en sciences biomédicales et en interfaces machine/corps afin de récolter leurs avis, leurs conseils et les manières dont i..els pensent que ce projet pourrait prendre cette dimension plus hormonale. Alerter sur les risques, prévenir les complications et explorer les possibles. De même, les communautés de biohacking, rassemblant des intéressé..es des pratiques d’auto-expérimentation DIY, peuvent être une source d’informations, de rencontres et d’échanges riche et précieuse. Peut-être pouvons-nous commencer par modifier un dispositif à insuline utilisé pour le diabète, et voir si un système programmé et automatisé peut s’y adapter. On pense aussi considérer le fonctionnement des implants contraceptifs et imaginer un entre-deux. Cette partie du projet présente de nombreuses problématiques auquel il convient de faire attention, c’est pourquoi cela peut prendre du temps, beaucoup de tentatives...
Nous avons en tête diverses structures vers qui se tourner pour trouver de l’aide, afin de mener les essais, de recueillir des conseils ou de concevoir tel ou tel implant, telle ou telle synthèse d’hormones. Des fablabs hospitaliers, des associations de bioartistes, des centres d’études universitaires ou des laboratoires expérimentaux...
Julia est l’amie que je connais depuis le plus longtemps. Elle est réalisatrice et m’a accompagné..e à Barcelone en mars 2025 pour suivre le projet et le documenter. C’est comme ça qu’est né le projet Mutant.e.x, un film documentaire en deux temps, au rythme des deux phases de Selenogynæ. Julia me suit dans ce processus de transformation, tant à la caméra qu’à travers sa présence, son implication, ses questionnements et son affection. Nous avons décidé de développer le projet, d’y incoporer les étapes de conception du projet Transcyborg, des discussions avec diverses personnes issu..es des milieux du biohacking ou de l’art cyborg, des moments de vie, de travail, de création, de fête, ou encore des conversations plus intimes avec Julia qui permettent de comprendre notre lien et les questions et concepts qui nous animent.
Le documentaire se voudra reprendre la réalité vécue au prisme du projet Selenogynæ, donner la parole à des penseureuses et artistes dont le point de vue semble nécessaire sur ces notions-là, prendre la parole sur des considérations philosophiques posthumaines et genderfuck, lutter pour l’auto(in)détermination et la liberté de disposer de son corps comme bon nous semble ainsi que montrer une relation d’amitié profonde à travers le regard de Julia et ses enjeux au sein de cette démarche. Ici se jouent la réappropriation corporelle par la transformation, la transition et le soin. Ici se mêlent le vivant et la machine, le genre et le cosmique, le “soi” et le “nous” pour former une nouvelle manière d’être au monde, déployer une perception sensible et une attention à l’altérité qui bouscule nos conceptions des frontières entre les choses et les êtres.
Le film prendra une forme artistique et expérimentale que le documentaire offre : comment parler de notre réalité, de ses limites et de ses potentialités ? Comment parler de nos relations et des liens aussi indéfectibles qu’indicibles qui nous unissent ? Comment s’exprimer quand on a une telle liberté plastique et conceptuelle ? Mutant.e.x fait partie des éléments constitutifs d’une thèse de doctorat en création-recherche menée que je mène à l’École des Arts de la Sorbonne, au sein de l’insitut ACTE, axe Art, sciences et société, sous la direction de Marion Laval-Jeantet, intitulée Technogender : hybridité de genre et (dés)incarnation à l’ère technologique. Elle explore d’un point de vue artistique, conceptuel et politique les dynamiques de la transformation corporelle, de la subversion du genre, de l’alteridentité, de l’identité virtuelle et du transhumanisme afin de proposer une philosophie posthumaine qui vient brouiller les contours des binarismes et amener les nouvelles conditions structurelles d’un ethos en mutation.
Personnes potentiellement impliquées
Julia Augeard - réalisatrice / Paris
Eythan Saillet - artiste, technicien, programmateur / Paris
Elies Jurquet - artiste, technicien, programmateur / Paris
Neil Harbisson -artiste cyborg, conseiller / Mataró
Pol Lombarte - artiste cyborg, technicien / Barcelone
Filippo (Post-Computing Lab / Transmedia Research Insitute) - technicien, académicien / Barcelone
Esther Dow - technicienne / Barcelone
Ce / Kira (La Quimera Rosa) - conseillèr.es / Barcelone
Miguel Savaira - endocrinologue / Porto
François Barteille - cadreur / Paris
Sasha Guichard - artiste sonore (composition, sound design) / Paris
Édouard Suffrin - artiste / Paris
Kai Landre - artiste cyborg / Valence
Moon Ribas - artiste cyborg / Mataró
Jens Hauser - curateur, académicien / Paris
Marion Laval-Jeantet - direction de recherche, conseillère / Paris
Biodesign Paris
Bibliographie
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Mary Maggic, All Washed Over by Hormones of Loving Grace.
Mary Maggic, We’re all living in an Estroworld.
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Sandy Stone, 1987. The Empire Strikes Back: A Posttranssexual Manifesto.
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