poème rédigé pour le fanzine accompagnant Promesse, on entend le cri strident des enfants futurs, événement techno-poétique organisé par Deficit au Point Éphémère en 2024
& publié dans le numéro 17 de Bisohénol-A, le recueil de poésie du Respirateur
ne plus croire au futur
logique
croyance exclusive
aux imbéciles d'aujourd'hui
terroristes du succès
dans leurs cocons de métal
enfance déchue dans l'œuf
sagesse sans lendemain
se fondre dans la cendre
bombe nucléaire prépayée
gentiment déposée dans la boîte aux lettres
naître étrangléx
par le cordon ombilical artificiel
d'un amour parental oublieux
souhait inavoué
accouchements souterrains
dans les entrailles d'un bunker
privéx de soleil
cette lampe halogène géante
rétines brûlées par les écrans
de fumée hallucinogène
aller simple vers la ruine
centre commercial aux néons fissurés
casino de la classe moyenne
marée noire
boire la tasse
arrière-goût de microplastiques
se traîner dans des parkings
déchets entre les déchets
esprit plein dans un corps vain
pensée vive décharnée
cœurs de béton
organismes réfrigérés
mordre la poussière
noyer l’acidité
omniprésente
plus la force de gueuler
trachée incapable
attaquée au glyphosate
prophètes aphones
cassandres muselées
gaminx des cataclysmes
en équilibre précaire
corde enflammée aux deux extrémités
incendie prémédité
perdre dans les gravats
raison d’être
impasses et voies sans issue
sur les panneaux de signalisation
du thanatocène