s.e patchs d’œestrogènes usagés 2026

s.e est un témoignage, la marque d’un archivage biopolitique et sensible, empreinte émotionnelle relevée à même la peau. Ces deux patches à œstrogènes ont été portés par une amante quelques jours, avant d’être retirés et conservés durant une année, comme les restes poétiques manifestes d’une intimité T4T. Leur scan numérique, permettant une plongée détaillée dans la matière, révèle des aspérités semblables aux microreliefs cutanés, cette cartographie singulière propre à chaque épiderme. Or, ces membranes sont telles des secondes peaux, des mues, en charge de la transformation hormonale du corps qu’elles couvrent de leur transparence adhésive. Elles sont aujourd’hui des déchets plastiques, preuves résiduelles de la plasticité somatique, vidées de leur substance active et de leur capacité métamorphique. Elles rappellent ces moments où elle n’était vêtue que de ces patches, prothèses de surface, chargées d’hormones, de symbolisme politique et d’érotisme. L’œstradiol traversant la peau par diffusion transdermique se fait l’analogie de la rencontre amoureuse comme source de mutation. Le soin mutuel à l’œuvre au sein des relations entre personnes transgenres est ici incarné par le geste de garder ces reliques d’un parcours de transition. s.e est l’interface entre corps et molécule, intime et médical, vestige et devenir, biochimie et désir : c’est la marque industrielle et affective d’une nouvelle autonomie corporelle.




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